Le Centre d'Art Virtuel de Synesthésie

Le Centre d'Art Virtuel

Créé en 2002, le Centre d’Art Virtuel de Synesthésie constitue une collection en ligne unique dans le champ artistique français et un observatoire des possibilités qu’offre le web en tant que support et medium pour la création artistique. Aujourd’hui, une trentaine de ses oeuvres, organisées en six thématiques, revient sur le web grâce à une nouvelle interface de l'artiste Saraswati Gramich.

Cette collection en ligne, accessible à tous, montre des démarches riches et variées, qui prolongent des pratiques artistiques repérées dans l’art contemporain comme la performance, le process, le mixage, la création collective, l’installation interactive.

C’est pour elle l’occasion de se montrer autrement tant du point de vue de la réception de l’oeuvre, dans le passage de l’écran à la projection, que dans le glissement d’une expérience initialement individuelle devenant collective.

Ce remarquable panorama offre la possibilité au public de se positionner non pas uniquement en regardeur mais en acteur et re-créateur d’oeuvres vivaces et expérimentales.

Ces réalisations protéiformes et généreuses questionnent le rapport à l’architecture, au territoire, à l’espace virtuel, au corps, à la musique, aux jeux vidéos, à la quotidienneté ou encore à la psychanalyse.

Les nouveaux outils interfèrent dans le processus créatif.
Si la démarche intrinsèque de l'artiste reste inchangée, les artistes du CAV  inaugurent de nouvelles du dessin, de l'image, du texte, de la photo, la vidéo, l'installation ou le processus.
Cet ensemble témoigne de pratiques artistiques, virtuelles, innovantes, qui n'existent que lorsque l'un d'entre nous les actualise en s'y connectant.

1. Navigations interactives

Manipuler des vidéos, des photos, du texte au moyen de la souris. Les médias, une fois numérisés, deviennent des informations qui communiquent entre elles et sur lesquelles l'utilisateur va réagir. Ce dernier est engagé physiquement dans la navigation. Le plus souvent sa main aussi d'autres partie de son corps font réagir l'interface qui permet d'entrer en contact avec les données numériques. Mises en ligne et accessible à n'importe quel spectateur, certaines de ces œuvres s'enrichissent de la participation de l'internaute. L'artiste agit dans un contexte où le spectateur est nécessaire pour donner un sens à l'œuvre.

2. Propositions formelles inédites

Des formes mobiles, sans volume, sans substantialité, abstraites, hybrides, aérodynamiques, ergonomiques.
Elles indiquent de nouvelles façons de gérer les systèmes de représentations.
Elles témoignent de nouveaux usages culturels (géolocalisation, téléchargement, pixellisation, univers virtuels, modelisation...)

3. Pratiques du détournement

Cette posture artistique favorise des modes d'infiltration, d'intrusion de l'art dans des espaces qui n'ont pas été conçus pour lui.
L'artiste n'est plus neutre ou omniscient. Il agit dans un environnement qui lui inspire des formes éprouvées à détourner avec de nouveaux moyens technologiques (e-learning, e-publicité, jeu...)

4. Dans le flux du direct

Ces œuvres nous arrivent par la grâce du streaming, c'est-à-dire au moment précis où elles sont créées. Elles sont ensuite revisitables mais il ne s'agit plus que de documents.
Elles nous donnent à ressentir la possibilité d'éprouver une expérience simultanée, en temps réel, malgré la distance physique.

5. Nouvelles écritures documentaires

Grâce à la possibilité de mettre en lien des documents (textes, images fixes, animées, sons) la description du réel atteint plus de précision.
La subjectivité est plus facilement admise dans ces reportages qui s'écrivent à plusieurs voix.http://www.synesthesie.com/cav/propositions-formelles-inedites/miguel-chevalier-les-101-dalmatiens