Cécile BABIOLE - Barre Code

Cécile BABIOLE

Cécile BABIOLE

Il s'agit de détourner les codes-barres, qui figurent sur tous les produits du marché, de leur usage commercial, et de les transformer en sons ou accords musicaux; en fait, il s'agit de générer, avec une certaine ironie systématique, de la véritable musique de supermarché.

En considérant leurs alternances de barres verticales et d'espaces, j'ai toujours pensé que les codes-barres ressemblaient à des systèmes de notation musicale. Cette fois-ci je saute le pas et je fais entendre leur traduction sonore et les harmonies qui en résultent...

Je me base sur le code de distribution commerciale le plus largement utilisé dans le monde, dit EAN 13. Il s'appelle ainsi parce qu'il est composé de treize chiffres et est régi au niveau international par l'association « European Article Numbering ». Sans entrer dans les détails et les exceptions, les treize chiffres désignent : le pays d'origine, le manufacturier, la nature du produit lui-même, les éventuelles spécifications concernant le prix, par exemple s'il s'agit d'une offre spéciale. Enfin, le dernier chiffre est l'indice de vérification, obtenu à partir d'une combinaison des chiffres précédents.

Dans mon système de transcodage sonore, ces différents chiffres déterminent les différents paramètres (fréquences, durée, forme de l'enveloppe.) d'une synthèse sonore totalement personnelle.

Pour l'internaute, les suites de codes-barres que je propose se présentent comme les partitions de morceaux qu'il peut entendre mais également lire. En cliquant sur chaque code-barre, il obtient sa version sous-titrée faisant apparaître la désignation du produit considéré, un peu comme les paroles de la chanson, ainsi que sa version doublée : un synthétiseur vocal déclame ces haïkus au style abrupt.

Dans le cadre de e-art , je propose deux courtes pièces composées chacune à partir de quatre codes-barres. Mais j'envisage, dans un deuxième temps, de créer un véritable répertoire interprété lors de performances.

En bref, Barre-Code est une proposition visuelle et sonore qui joue très consciemment avec le délire computationnel propre à notre monde marchand, exponentiellement numérique, où tout peut être converti en n'importe quoi.

Cécile Babiole

Site : http://www.babiole.net

De la musique industrielle, au début des années 1980, aux cultures électronique et numériques aujourd'hui, le travail artistique de Cécile Babiole évolue en marge des secteurs de production et des circuits de diffusion dominants. De manière exemplaire, l'expérimentation (esthétique) semble véritablement fondée, dans sa pratique, sur la maîtrise de l'ensemble des processus de production, inhérente à toute démarche indipéndante (économiquement). Loin d'une pluridisciplinarité de mise, réduite à une juxtaposition ou une addition de différents médias, c'est le passage d'un langage, d'un code à un autre, selon une approche structurelle et dynamique, qui sous-tend sa pratique.

Musicienne au sein du Groupe NOX dans les années 80 (Dossier Records, Permis de Construire...), puis artiste vidéo et réalisatrice d’animation en images de synthèse dans les années 90, Cécile Babiole s'est orientée vers la création d'environnements dynamiques privilégiant les manipulations en temps réel de l'image et du son et leurs interactions. Ses dernières installations et performances (SCRIBBLING WAVES, THE WAY YOU WALK, CIRCULEZ YA RIEN A VOIR, REALITY DUB, EYEPOD, DO Disturb ...) mélangent avec ironie haute et basse technologie et interrogent nos systèmes de perception et de représentation. Qu’elles apparaissent dans l’espace public (rue, autobus) ou privé (galeries, salle de concert) ses interventions témoignent d’un certain regard inventif et dérisoire sur nos corps en mouvement aux prises avec la technologie.

Son travail a été distingué par de nombreux prix : Imagina 1992, Images du Futur1992, Ars Electronica 1992, Festival de l'Audiovisuel Muséographique1, Festival de Locarno, prix SCAM 1999, bourse Villa Médicis hors les murs 1991, Festival Transmediale Berlin (2003), Stuttgart FilmWinter and Expanded Media Festival (2004).

Dernières installations, performances et expositions

COOKIES EXQUIS, fournisseur d’énoncés de circonstance, installation portative, véritables “fortunes cookies” contenant des messages “d’artiste” - Console, Paris avril 2004,

DO (not) DISTURB : installation interactive, avec la participation du danseur chorégraphe Andréas Schmid, festival Mosaiques –Danse - La Filature Mulhouse, janvier 2004

CIRCULEZ Y'A RIEN A VOIR : installation interactive pour +/-L'Épicerie exposition collective, commissaire, Léonor Nuridsany, Paris décembre 2001, présentée également dans le cadre du festival Piratages - Batofar, Villette Numérique Paris septembre 2002, Festival Transmediale Berlin février 2003, Festival Nouveau Cinéma Nouveaux Medias de Montréal (FCMM), Montréal octobre 2003, WinterFilm Festival Stuttgart, janvier 2004

SSS - SENSORS SONICS SIGHTS : performance geste-musique-vidéo (capteurs-laptop-theremin) avec Atau Tanaka et Laurent Dailleau http://www.xmira.com/sss/index-fr.html - Les Voutes et Université Paris_8 Paris septembre 2003, Glazzart Paris decembre 2003, Les subsistances Lyon janvier 2004, WinterFilm Festival Stuttgart, janvier 2004, Club-Transmediale Berlin janvier 2004

SCRIBBLING WAVES : performance dessin-musique ou je dessine le son en 3D temps réel, Mutek Festival - Montréal Juin 2003, Stralsund Garage Festival (Allemagne) - août 2003, La Gaité Lyrique Paris septembre 2003, Musterraum (Pinakothek der Moderne) Munich – novembre 2003, Club-Transmediale Berlin janvier 2004, Ecole Supérieure de l’Image et Conservatoire de Musique de Poitiers, mars 2004

MICRO MAPS : animation 3D en temps réel, Stralsund Garage Festival (Allemagne) - août 2003 avec Marc Weiser de Rechenzentrum, Musterraum (Pinakothek der Moderne) Munich – novembre 2003 avec Grant et Cylob de Reflex (Londres)

SENSOR DUO : performance musique /image/ gestes avec Atau Tanaka festival Résonance/Ircam, Paris octobre 2002, festival Why Note, Dijon novembre 2002

MUTING : dispositif pour 5 moniteurs et télécommandes de Amande In, avec la participation de E. Artus, C. Babiole, X. Gautier, S. Pichard, J. Saglio - Paris Project Room - novembre 2002

DÉMÉNAGEMENT DU DEHORS : installation-performance avec Vincent Epplay, Montréal festival Champ Libre septembre 2002

THE WAY YOU WALK : installation interactive, Public - Paris février 2002, Chapelle du Ronceray - Angers mars 2002, El Mediator Perpignan février 2003, Maison Populaire de Montreuil mars 2003, La Motte servolex, janvier 2004

MODE OSCILLATION OVER DRIVE : performance image/musique/danse avec Gérôme Nox et Laure Bonicel, création Sète janvier 2002, Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis - MC 93 Bobigny, juin 2002, Armentiere - Le Vivat, Novembre 2002, Festival Portées à l'Écran, Paris décembre 2002, Théâtre du Périscope, Nîmes avril 2003

CIRCUIT : pièce musicale pour TRAVERSEES exposition à l'ARC/ Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, octobre 2001

POSYDONES : création d'un décor virtuel interactif pour "Orgia" pièce de Pasolini, mise en scène par Jean Lambert-wild : des créatures artificielles modélisées animent la scène, réagissant aux émotions des acteurs (logiciel 3 D temps réel AAAseed)

GLIMPSES : performance image-musique festival Interférences Belfort décembre, Salamanque mars 2001, Cannes mai 2001, Angers mars 2002

REALITY DUB : “Caverne de platon à roulettes” (!) installation-performance dans un bus équipé de micros et de caméras dans le cadre du festival PhonoTAKTIK à Vienne (Autriche) avril 1999, du festival Nouveau Cinéma et Nouveaux Médias de Montréal octobre 1999, du festival Vidéoformes à Clermont-Ferrand mars 2000, du festival Le Temps des Musiques à Saint-Quentin-en-Yvelines juin 2001

QUI EST LA FEEDBACK : installation-performance au Centre Culturel Suisse de Paris, détournement et manipulation du système de vidéo surveillance (1999)

SPECTRES : installation sur la façade de la maison de la culture de Bourges dans le cadre du festival Bandits-Mages (1999)

BAGNOLETTE : installation pour circuit 24, micros et caméras au Théâtre de l'Échangeur de Bagnolet (1999)

SPECTRUM LIVE : performance image-musique avec Fred Bigot alias

ELECTRONICAT : présentée sur de nombreuses scènes, parmi lesquelles, Le Batofar à Paris, le festival PhonotaKtiK à Vienne-Autriche, le festival Oblique Lu Nights à Nantes, Rohstofflager à Zurich, le Media Lounge - Festival Nouveau Cinéma Nouveaux Médias à Montréal, l'Auditorium du Forum des Images à Paris, la Laiterie à Strasbourg, la Kunstlerhaus à Vienne-Autriche, le festival Vidéoformes à Clermont-Ferrand, Le Kaiman à Anvers-Pays-Bas, Le Stubnitz à Hambourg, CDA et festival Futura à Sarajevo ... (1998-2001)

Vidéographie sélective

AUTOMAT : pièce image-musique pour le label en ligne ARSONORE http://www.arsonore.net/.

EYEPOD : chorégraphie du regard au niveau du gros orteil, paris - sept 2003

TIME GAPS : série de vidéos autour du paysage - en cours

La NOIRCEUR : réalisation d'une vidéo accompagnant la pièce de théâtre de Marie Brassard: " La noirceur", Théâtre Infrarouge - Montréal (Canada) - mai 2003

SAUTERELLES ET GRILLONS : vidéo pour une musique de Electronicat, Anchortronic DVD (Times Up/Staalplaat - décembre 2002) http://www.timesup.org/anchortronic/ (Pays Bas – Autriche)

100 LOOPS disque Vinylvideo™ : 100 boucles images et sons gravées sur disque vinyl selon le procédé Vinylvideo (TM) - Museo Galego de Arte Contemporanea de Santiago de Compostela - Espagne, février 2000 http://www.vinylvideo.com

I LOVE YOU SO : Clip en animation 3D pour Electronicat (1999)

HOT SPECTRUM : Clip en animation 3D pour Electronicat (1999)

LA PEAU LISSE : Clip pour Jérôme Minière (Lithium/Labels 1998)

2 CAN BE 1 : Clip en animation 3D pour le groupe Gonzo Voice (1997)

BULA BULA : portrait de 6 peintres Aborigènes de Ramingining - Australie (1993) Bourse Villa Médicis Hors les Murs

PEPIN GEANT : clip en images de synthèse sur une sculpture de Jean Arp Série “L’art en jeu “ du Centre Georges Pompidou prix pixel Ina festival Imagina 1992, primé au festival Ars Elecrtronica de Linz 1992, prix à la création de la Direction des Musées de France

VIRTUS : Clip en images de synthèse pour Canal+ (1992) Prix World Graph Locarno 1992, prix Images du Futur Montréal 1992

RÉALITÉS VIRTUELLES : “documentaire de création” pour Canal+ (1992)

LES XONS : série de fiction en images de synthèse (Ex Nihilo / Mac Guff Ligne 1992) Présentée dans le cadre de l’exposition “Images et Artifices”, ARC Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, 1993 primée au festival Ars Elecrtronica de Linz 1992

MÉNAGERIE : “vidéo-création” pour Canal+ (1988) primé aux festivals de Montbéliard et Saint Herblain 1988

TOURNIS : “vidéo-création” American Center de Paris (1986)