Serge LHERMITTE, La ville en perspective : votre espace détente et convivialité

Serge LHERMITTE, La ville en perspective : votre espace détente et convivialité

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Votre espace détente et convivialité...

Entre une ancienne casse automobile et un entrepôt désaffecté s’érige au dessus de la palissade métallique colorée, une courte phrase accompagnée d’une image et parfois d’un numéro de téléphone. “ Ici prochainement votre appartement ”, ce slogan s’étale dans toutes les banlieues chics ou populaires, pour peu qu’il reste quelques zones à aménager. L’image est étrange, interchangeable, qu’importe le quartier, la ville, voire le pays. Que l’on soit à Saint Denis ou à Issy les Moulineaux, à Pantin ou à Levallois Perret, à Boulogne sur Mer ou à Marseille la représentation est identique : un immeuble neuf et décontextualisé de son environnement lors d’un jour ensoleillé, quelques passant jeunes et dynamiques, une femme enceinte ou un landau, parfois quelques enfants heureux de suivre docilement leurs parents, tous ce petit monde occupant l’espace autour de la future construction. L’explosion immobilière des villes, et notamment celles de la petite couronne parisienne, à laquelle nous assistons depuis quelques années, révèle et redistribue les cartes de la sociologie urbaine. La hausse des prix tant dans le domaine locatif que dans l’acquisition n’a, en effet, laissé personne indifférent. Cette indifférence, qui pouvait exister lorsque la spéculation s’était polarisée sur d’autres secteurs que celui de l’immobilier, s’est évanouie au cours des cinq dernières années, imposant une prise de position, ou tout au moins une considération du phénomène. Achat d’un premier bien, vente d’un bien précédent pour une prise de bénéfice et réinvestissement dans un autre, spéculation sur la spéculation ( explosion de la bulle imminente… ? ) Cet affolement du marché révèle, donc, dans un premier temps, puisqu’il divise les usagers des ville en deux catégories, Celle ayant la capacité de faire la demande et d’entrer en possession de leurs murs et celle devant se résigner au statut de locataire. Deux types d’habitant, l’un constatant incrédule les prix pratiqués, et l’autre calculette à la main tentant de rajouter quelques mètres carré pour la chambre du dernier au prix de cinq ans supplémentaire d’efforts financier à 4,90% TEG. Dans un second temps, nous assistons à une redistribution, un brassage. Même si le terme est mal choisi, il s’agit d’un turn-over lié à l’inflation des prix d’un coté alors que d’un autre un plafonnement est imposé par certaines collectivités locales. S’ajoute à cela un phénomène, déjà énoncé dès le milieu des années 90 ( “ Les grandes Métropoles du mondes et leur crise ” R.Guglielmo), de “ gentryfication ” auquel on assiste dans la capitale. Ces principes imposent aux couches moyennes et moyennes hautes de redéfinir la zone d’acquisition, et de s’expatrier bon gré, mal gré vers des terres soient plus abordables, soient plus saines. Un phénomène que nous pourrions mettre en équation selon les termes suivants :

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