Pascal LIÈVRE & Alexis AMEN, Sinthomatic

Sinthomatic

 

Pascal Lièvre réalise en 2001, une vidéo Lacan Dalida, karaoké psychanalytique où un texte de Jacques Lacan est chanté sur une musique de Dalida, les mots issus du séminaire accompagnent alors une musique populaire.

Pascal Lièvre propose à Alexis Amen de réfléchir ensemble, sur la figure des nœuds borroméens qu’il a découvert dans un livre de Jacques Lacan Le sinthome. Pascal lièvre considèrent que les formes esthétiques qui caractérisent les nœuds borroméens sont des créations plastiques en soit et souhaite les traduire dans un autre langage : celui d’un jeu vidéo. Il remarque que les trois couleurs utilisées pour distinguer les nœuds borroméens sont aussi les couleurs de base de la vidéo : Rouge, Vert, Bleu (RVB).

Alexis Amen a réalisé l’œuvre en imaginant un parcours très simple dans lequel le joueur se voit la possibilité de réaliser un nœud borroméen, à partir de trois anneaux qu’il aura fait apparaître dès le début du jeu en choisissant l’un des trois carrés rouge vert ou bleu sur l ‘écran.

Ainsi, SINTHOMATIC guide le joueur vers le choix du sinthome, ce quatrième élément qui renoue le nœud borroméen défait : car soit il le portera en lui-même, en trouvant l’entrelac adequat, soit il laissera une figure défaite, en attente d’une autre prothèse.

Définition : 
Les nœuds borroméens forment une figure topologique composées de trois anneaux noués de telle sorte que si l’un est défait, tous se séparent.

Le nœud à trois anneaux est le nœud des trois registres : imaginaire, symbolique et réel.

Histoire : 
Pendant six ans, de 1966 à 1973, Lacan a voulu démontrer logiquement ce qu’est le réel, grâce aux mathèmes (ensemble d'écritures d'aspect algébrique rendant compte de concepts clefs de la théorie psychanalytique selon Lacan ). L’enjeu par les mathèmes était d’opérer une transmission sans perte. Or, le 15 mai 1973, à la fin du séminaire Encore, Lacan avoue son échec : « La formalisation mathématique est notre but, notre idéal. Pourquoi ? Parce que seule elle est mathème, c’est-à-dire capable de se transmettre intégralement. » Hélas ! Cette transmission n’est jamais intègre, car elle doit traverser la langue : « c’est de l’écrit, mais qui ne subsiste que si j’emploie à la présenter la langue dont j’use. C’est là qu’est l’objection »

C’est pourquoi Lacan opère une bifurcation ; il passe des mathèmes à la topologie des nœuds, soit de la démonstration à la monstration.

Alors avec Pierre Soury qui lui fournit des formes mathématiques va naître une série de graphes jetés le plus souvent sur des feuilles A4 : chaînes, tresses, ronds, noeuds borroméens (enlacement de trèfles) dessinés à l'encre ou au crayon feutre que l’on trouve dans le séminaire « Le sinthôme »

Les nœuds Borroméens et l’art :

Œuvres d'art contemporain ou brouillons de la pensée du psychanalyste, "C'est un "work in progress", au sens de Joyce", estime Olivier Devers.

Les anneaux Borroméens intéressent donc les artistes : François Rouan qui fréquente directement Jacques Lacan sera initié aux nœuds "borroméens", ce qui l’amènera à considérer la peinture comme un tressage en soi plus récemment Eric Duyckaert dans sa série des "Anneaux de Soury" réalisa avec des brins de cuir des ateliers Hermès des anneaux de plus de trois mètres de diamètre deux étant suspendus et le troisième reposant partiellement au sol.